Category: Livres,Histoire,Grandes Périodes de l'Histoire
Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III: (180 ap. J.-C. - 238 ap. J.-C.). Details
Tableau coloré et puissamment vivant de l'Empire romain en mutation, l'Histoire des successeurs de Marc-Aurèle, de Commode à Héliogabale et Gordien (180 à 238 ap. J.-C.), offre le spectacle d’un monde en perpétuel jaillissement. Crises politiques, coups d’État, rébellions, épopées militaires : telle est la toile de fond. Sur la scène s’agitent, en un défilé baroque, les empereurs : un mégalomane inconscient, des ambitieux sans personnalité ni vergogne, un grand capitaine doublé d’un authentique chef d’état, un mystique efféminé, un condottiere d’humble extraction, qu’escortent des impératrices cupides, des souveraines possessives ou des frêles princes fantoches, et que suit le cortège habituel des courtisans obséquieux, des fonctionnaires cauteleux, des eunuques et des esclaves intrigants.Du sang, de la volupté, de la mort, voilà bien la trame de ce roman d’aventures, parfois terrifiantes, qui constitue aussi la chronique politique et militaire, par un contemporain, d’une époque fertile en péripéties : un document historique unique sur une époque foisonnante.Denis Roques, docteur ès Lettres, est professeur à l'Université de Metz.

Reviews
Le livre de Hérodien, admirablement traduit et commenté par Denis Roques, nous peint un tableau bien connu (d'une partie) de l'histoire des empereurs romains : une lutte féroce pour le pouvoir politique absolu (le poste d'empereur) et le droit de disposer de la vie et de la mort de `tous' ses concitoyens. Les principaux acteurs dans ces combats sans fin et sans merci sont les généraux et leurs armées, la garde prétorienne et ses chefs, le Sénat et le souffre-douleur de tous, le peuple.Le pouvoir absolu (quelques exemples)Le comportement d'Antoninus (Caracalla) après le meurtre de son frère Géta est décrit comme suit : `Immédiatement, tous les proches de Géta furent mis à mort, ainsi que ceux qui résidaient dans la partie du Palais où il résidait. On n'épargna aucune classe d'âge, pas même les tout-petits.'Le père de Caracalla, Septime Sévère, après sa victoire sur Niger et Albinus, `élimina tous ceux qui jouaient un rôle prééminent au Senat ou qui, dans les provinces, se distinguaient par leurs fortunes. Son mobile réel était le désir insatiable de richesse.'L'ArméeLes soldats étaient uniquement intéressés par leur solde et les profits générés par une victoire : `ils étaient portés à la révolte : le règne ne leur rapportait plus rien ; en revanche, la venue prochaine d'un nouveau règne leur laissait espérer des profits.'La vision sur l'être humainPour Hérodien, l'être humain est le jouet de la Fortune : `la plus petite et la plus inattendue des interventions de la Fortune pouvait élever l'homme le plus simple jusqu'aux cimes les plus hautes, puis, à rebours, le jeter à bas des sommets où elle l'avait élevé.'L'être humain est dominé par `ces fléaux que représentent l'envie et la jalousie.' Tout changement de pouvoir est une opportunité pour régler des comptes : `on ne tua pas peu de monde, et même des gens innocents de tout forfait : on assaillit inopinément chez eux des créanciers, des adversaires en justice, et tous ceux contre qui l'on avait les motifs de haine les plus anodins, on les agressa comme des dénonciateurs, on les dépouilla, puis on les assassina.'Sa vision politiqueSon idéal politique est exprimé par l'empereur Maxime : `l'Empire n'est pas la propriété d'un seul homme, mais celle du Peuple Romain tout entier. Le rôle que l'on nous a confié est seulement celui d'administrer et de gouverner l'Etat avec votre collaboration. Si vous respectez la discipline et l'ordre approprié, vous vous préparerez une destinée heureuse.'Comme le dit D. Roques, son `idéal de gouvernement est celui d'une aristocratie éclairée et responsable', par l'intermédiaire du Senat. Mais, les sénateurs ne s'entendent pas entre eux, comme le montre l'exemple de la diarchie de Maxime et de Balbin, `deux nobles, patriciens et de famille suffisamment ancienne.' Eux aussi étaient dominés par les fléaux de l'envie et de la jalousie.Ce livre devrait être lu par tous ceux intéressés par l'histoire de l'humanité et de l'empire romain. Il illustre d'une manière remarquable l'extrême danger d'un pouvoir, politique ou autre, illimité dans les mains de membres d'une espèce humaine dominée par des fléaux.


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